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Var-Matin
Actualité Var
jeudi 07 février 2008

Viande de cheval : la SPA interpelle les grandes surfaces varoises

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L'association pousse les supermarchés à stopper la vente de cette viande. Une enseigne varoise s'y est engagée. Les bouchers spécialisés s'indignent

Peut-on encore manger de la viande de cheval ? Et à quelle famille appartenez-vous ? A celle qui considère le cheval comme un noble compagnon de l'homme ou à celle qui ne crache pas sur un bon steak du même animal ? Le conflit qui oppose depuis des décennies les « pro » et les « anti » « hippophages » vient de trouver un nouvel écho. La Société protectrice des animaux (SPA), par la voix de sa présidente Caroline Lanty, a écrit à toutes les grandes surfaces du Var pour leur demander de renoncer à vendre de la viande de cheval.

« Même s'il existe une législation pour respecter le bien-être animal, elle reste insuffisante ou inappliquée. Les chevaux vivent trop souvent un véritable calvaire lors des transports qui occasionnent souffrances, blessures et fractures. A l'heure actuelle, la plus belle conquête de l'homme est tout simplement offerte, dans les rayons boucherie, aux consommateurs sans qu'ils connaissent les coulisses sordides de ce marché. »

Un supermarché varois s'engage à ne pas en vendre

Pour le moment, une seule grande surface varoise a répondu favorablement à la SPA. Il s'agit du Champion de Bandol, où le directeur, Nicolas de Lihovskoï, s'est tout de suite engagé.

« Pour moi, d'une part et depuis toujours, le cheval n'a pas à finir en steak. Ensuite, quand on voit dans les reportages l'état lamentable de ces bêtes quand elles arrivent à l'abattoir, on n'a pas envie d'y contribuer, même indirectement. » Une décision de boycott qui n'aura pas de conséquence sur le chiffre d'affaires du supermarché : « Je n'ai quasiment jamais eu de demande de viande chevaline de la part des clients. »

Le Bandolais n'a pas été seul à s'engager à ne pas (plus) vendre de viande chevaline. Une bonne vingtaine de grandes surfaces partageant la même philosophie figure sur le site de la SPA, actualisé au fur et à mesure des réponses reçues. « Pour le moment, la direction nationale de l'enseigne Carrefour nous a répondu défavorablement, nous expliquant qu'elle était très vigilante quant au choix de ses fournisseurs, engagés dans un code de bonnes pratiques, rend compte Nicolas Biscaye, responsable de la communication à la SPA. La marque Cora nous a opposé la même fin de non-recevoir. En revanche, de nombreux magasins de la marque Champion et Casino ont répondu positivement. »

« On ne mange pas ses amis »

L'initiative de la SPA fera-t-elle boule de neige ? Ceux que la consommation de viande chevaline choque l'espèrent. « Pour moi, c'est comme manger du chien. On ne mange pas ses amis », résume Patricia.

Nicole, elle, va beaucoup plus loin : « Je ne mange plus nos cousins mammifères. Pour moi, consommer du cheval est aussi choquant que manger de l'agneau, du boeuf ou du porc. Et j'envisage bientôt de renoncer aussi à la volaille. »

En attendant, qu'est ce qu'on mange ce soir ?

Mireille Martin
Var-Matin
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