On se réchauffe comme on peut au camping du Val d'Aran, où les 24 familles sont en sursis. : Photo Dominique Leriche Ils s'en doutaient, depuis que l'un d'eux a réussi à « intercepter » la nouvelle. Les vingt-quatre familles encore en place dans le camping du Val d'Aran étaient sur le qui-vive dès le début de la semaine. « On nous a signalé que le courant allait être coupé, que les services de l'EDF allaient s'aventurer à l'intérieur du camping. Nous, on ne veut aucun affrontement, mais on ne se laissera pas faire. Personne ne viendra nous couper l'électricité » avait souligné Gilbert De Caro, porte-parole des derniers résistants du Val d'Aran.
« Impensable à cette époque de l'année »
« Nous, on n'en veut à personne, pas plus au liquidateur qu'aux employés de l'EDF. Ce qui nous préoccupe le plus c'est la façon dont on veut traiter ces pauvres gens. On ne fait pas ça en septembre. Non, on attend patiemment qu'il fasse froid pour déclencher le mouvement. C'est honteux. Pas un seul élu n'est venu nous rendre visite. Nous sommes traités comme du bétail », renchérit le porte-parole qui, mardi matin, alors que la température avait encore chuté de plusieurs degrés, a vu débarquer deux employés de l'EDF. Ces derniers n'ont pas insisté. Ils ont rebroussé chemin non sans avoir, au préalable, averti leur directeur. Qu'en sera-t-il ces jours-ci ? Personne, au camping n'ose envisager le pire. « Il fait froid. Où irons-nous ? Qu'ils attendent le mois de mars pour intenter une procédure de coupure, mais pas en cette période. Regardez, certaines personnes sont âgées, d'autres ont des jeunes enfants. C'est inhumain si on venait à couper l'électricité », reconnaît ce résidant.
Février 2009 : le début de la fin
On sait que ce camping est voué à disparaître du paysage sanaryen. « Il y a peu, le liquidateur nous a informés mettre en vente le site en février 2009 », a souligné le porte-parole. Et il précise « une vente en trois parcelles ». En attendant cette date butoir, les 24 familles encore installées espèrent un peu d'humanité de la part de certaines institutions. Si ce n'est pas le cas, Gilbert De Caro l'a rappelé : « nous en appellerons à l'association Don Quichotte et irons camper devant la mairie ». Les familles du Val d'Aran croisent les doigts... pour que le courant passe encore.