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Var-Matin
Actualité La Seyne
jeudi 02 juillet 2009

Le Brusc - Les Embiez : les diagnostics de Natura 2000

 L'état de conservation de la lagune du Brusc est qualifié de « médiocre » dans l'étude scientifique menée par l'Institut océanographique Paul-Ricard.  :  Photo Dominique Leriche L'état de conservation de la lagune du Brusc est qualifié de « médiocre » dans l'étude scientifique menée par l'Institut océanographique Paul-Ricard. : Photo Dominique Leriche

C'est toute la difficulté d'un site Natura 2 000 : comment faire en sorte de concilier biodiversité et développement économique ? Comment protéger des espèces rares ou fragiles, d'une activité humaine débordante ? Ce sont les questions posées par le 3e comité de pilotage du site marin Natura 2 000, qui s'est réuni récemment en mairie de Six-Fours.

Deux diagnostics ont été présentés en parallèle. Le premier volet, scientifique, fait le point sur l'état du milieu marin, tandis que le second analyse l'impact de l'activité humaine.

Mais le gros du travail est encore à venir, puisque c'est dans le tome 2, qui n'est pas encore écrit, que seront détaillées les propositions d'action pour conserver au mieux ce site naturel rare.

La zone à conserver

La lagune du Brusc a été inscrite au réseau Natura 2 000 en mars 1999, pour son caractère exceptionnel sur la façade méditerranéenne. La zone protégée s'étend sur 504 hectares, uniquement marins, et englobe l'archipel des Embiez (dont l'île du Rouveau).

Le premier comité de pilotage, réuni en 2006, avait lancé les travaux. Désormais, les diagnostics scientifique et socio-économique sont établis et validés. Reste à écrire un programme d'actions concrètes, après concertation avec les usagers et acteurs du site. C'est l'agglomération TPM qui en est l'opérateur.

Délai annoncé : premier trimestre 2010.

Herbiers de posidonie

Les herbiers, qui sont des plantes marines et non des algues, couvrent 397 hectares des zones protégées et sont de « bonne vitalité » après expertise de l'Institut océanographique Paul-Ricard. Par contre, les posidonies subissent des attaques de caulerpa racemosa, algue proliférante, « présente sur plus de quatre hectares de fonds marins ».

La lagune du Brusc est riche d'un récif barrière de posidonie, ce qui est très rare sur les côtes françaises. « Il s'agit d'un véritable monument patrimonial », précise Élodie Rouanet, ingénieur d'études à l'Institut Paul-Ricard.

Lagune méditerranéenne

La lagune du Brusc couvre 35 hectares et représente un habitat particulièrement riche d'un point de vue biologique. Elle est considérée en état de conservation « médiocre ». « L'État va s'engager pour une reconstitution la plus totale de la lagune », a précisé Denise Bellan, rapporteur scientifique.

Les menaces

Autant les herbiers de posidonie que la lagune sont toujours menacés par l'activité humaine et surtout « le mouillage sur ancre ou sur corps-mort, les accostages, le piétinement et la caulerpa invasive ».

La plaisance est une source d'inquiétude majeure puisque « 280 bateaux ont été recensés, entre les Embiez et le Rouveau en une seule journée d'été, les ancres labourant les herbiers et gênant la pêche traditionnelle ».

La commune a consacré près de 300 000 e pour enlever les bateaux épaves et « 164 bateaux sont désormais amarrés sur mouillage fixe, notamment des pointus et bateaux de pêche ». Quant à la trentaine de pêcheurs professionnels présents sur le Brusc et Sanary, ils sont considérés comme « respectueux des lieux et ouverts à un plan de gestion de la ressource ».

Plus de pédagogie

Dans la présentation, la commune a été félicitée pour son travail de pédagogie avec les associations et en direction des écoles, « 23 classes ont été sensibilisées à Six-Fours ».

Il sera utile de prolonger cette démarche par la création de plaquettes grand public. Marcel Barbero, président du Conseil scientifique a souligné « la nécessité, pour Six-Fours, de mettre en valeur le caractère exceptionnel de la lagune ».

Sonia Bonnin
Var-Matin
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