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Var-Matin
Actualité La Seyne
mercredi 20 février 2008

La Seyne-sur-Mer : La plupart des bars du centre souffrent de la loi anti-tabac

 Les responsables du Rudy Bar, sur le quai Saturnin-Fabre, doivent comme tous les établissements pousser les fumeurs vers la sortie. A défaut, les terrasses sont fréquentées, et les beaux jours attendus avec impatience.  :  Photo D. Leriche Les responsables du Rudy Bar, sur le quai Saturnin-Fabre, doivent comme tous les établissements pousser les fumeurs vers la sortie. A défaut, les terrasses sont fréquentées, et les beaux jours attendus avec impatience. : Photo D. Leriche

loi La majorité des gèrants d'établissements vivent mal l'interdiction de la cigarette

La colère gronde dans les bars seynois. Depuis que la loi anti-tabac est entrée en application, le 2 janvier dernier, ils déplorent une lourde érosion de leur clientèle. « 20 % de consommation en moins » selon René Le Pape, président de la confédération des buralistes, qui a été reçu par Nicolas Sarkozy début février.

Ici, le constat est le même. « On est en colère, c'est sûr ! » clame Bernadette Geerts, gérante du Rudy Bar sur le port. Elle poursuit : « On a perdu de nombreux clients, surtout le matin. Maintenant on attend les beaux jours pour se remettre. »

Un constat qui se confirme dans la plupart des bars seynois. « Les clients restent moins longtemps, ne re-consomme que rarement alors qu'avant la loi, c'était très fréquent », explique Mamy Boumilat, patron du Côté Terrasse Café. « Et dire qu'au début, j'étais pour cette loi ! »

Rares exceptions

Le problème de la faible durée de consommation est pointé du doigt par l'ensemble de la profession. Chokri Lachkar, au Bar des Sports : « Avant, les clients pouvaient prendre 5-6 cafés à la suite. Maintenant, après le premier, ils partent? C'est catastrophique. »

Sur le marché seynois, la colère se fait plus diffuse. Au Narval, Jean-Marie y déplore « la chute des fréquentations », mais s'attache au respect de la loi. Devant l'église, la terrasse du Bidule accueille désormais deux imposants chauffages extérieurs. Une volonté de s'adapter à la situation pour la patronne Evelyne Hebreard.

Le Damero Bar était déjà non-fumeur l'après midi avant le 2 janvier. Étendre l'interdiction pour les horaires nocturnes n'a pas bouleversé les attitudes des clients. « Au contraire, suppose Stéphane le gérant, cela devrait permettre de faciliter l'échange entre les gens dans la rue ! » Même indifférence à la Brasserie de la Mairie. « Nous ne remarquons aucune chute de fréquentation. Aussi bien au comptoir que sur la terrasse », explique Franck Redouani. Une situation que ne partage pas Christophe Savel, nouvel acquéreur du bar du Rond-point, près de la Poste : « A la même époque l'an dernier, c'était plein. On ressent même une irritation chez les clients fumeurs. Et nous n'y sommes pour rien? »

Négociations possibles ?

Les négociations sur un possible aménagement commencent à pointer le bout de leur nez. Mais le groupe de travail commandé par l'Élysée ne doit donner ses premières conclusions que dans deux mois. Un délai bien trop long pour Chokri Lachkar : « Beaucoup d'entre nous vont devoir fermer, ça va aller très vite. » Un pessimisme que partage Mamy Boumilat : « Il y a un gros risque pour l'avenir de la profession. Surtout pour ceux qui vendent du tabac en plus du bar. » Il évoque ensuite le cas de la législation espagnole. Là-bas, si l'établissement n'excède pas 100 mètres carrés, le gérant a le choix de déclarer son bar fumeur ou non-fumeur? Une piste à suivre ?

Romain Alcaraz
Var-Matin
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