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Var-Matin
Actualité Var
jeudi 02 juillet 2009

Des Varois prêts à se damner pour le Tour

 « Ricardo, l'ange du Tour de France », a un rêve secret : « Mettre le Diable à la renverse, lui piquer son trident et le trucider. » Pour amuser la galerie, il va sans dire.  :  Photo P.-L. P. « Ricardo, l'ange du Tour de France », a un rêve secret : « Mettre le Diable à la renverse, lui piquer son trident et le trucider. » Pour amuser la galerie, il va sans dire. : Photo P.-L. P.

Tous les ans à l'approche du mois de juillet, Jean-Paul Ciais a des fourmis dans... les ailes. Ce nom ne vous dit rien ? Pas étonnant. Ce sympathique Cabassois de 60 ans, un rien loufoque, est surtout connu sous son nom de scène : « Ricardo, l'ange du Tour de France ».

Depuis 1996, « pour répondre à Dieter "Didi" Senft, le Diable » confesse-t-il, « Ricardo » - des ailes de 3,20 m à vous faire pâlir d'envie l'archange Saint-Michel - hante toutes les étapes de la Grande Boucle. Et les télévisions du monde entier.

Des plumes ça s'entretient

A quelques jours du départ du 96e Tour de France, la course contre la montre a déjà commencé pour l'ange Ricardo. Entre la réalisation d'une banderole sur laquelle les spectateurs venus à Cabasse pourront lire : « Jean Dotto, le menhir de Cabasse », le marquage au sol en l'honneur du Diable qui a accepté son invitation dans le Var, voire le changement des plumes - « elles jaunissent » -, Ricardo ne sait plus où battre des ailes. Il lui faut même penser au contrôle technique du camping-car. Un vieux Pilote sur lequel sont répertoriées toutes les grandes difficultés qui ont fait la légende du Tour : l'Aubisque, l'Alpe d'Huez, Peyresourde, le Galibier, la Madeleine, la Croix de Fer et bien d'autres encore.

De la fatigue du plaisir et l'amitié

On l'aura deviné : derrière le côté « déconne » du personnage immaculé, c'est beaucoup de travail, d'organisation. Si enfiler le costume d'ange - auréole comprise - ne demande que quelques minutes, mettre les banderoles en place, peindre de belles lettres (la véritable profession de Ricardo) sur le bitume peut en revanche prendre jusqu'à deux heures. Et ce n'est qu'un début. Sitôt les derniers coureurs passés, il faut tout ranger, penser à l'étape suivante, reprendre la route, et tout recommencer. Trois semaines durant. Vous parlez d'un paradis ! Ricardo le reconnaît lui-même : « Le plus fatigant, c'est la première semaine. Après, on reprend le rythme. »

Mais même s'il lui est arrivé de dormir trois jours d'affilée pour se remettre de la Grande Boucle, « l'ange du Tour de France » prend énormément de plaisir à parcourir les routes de l'Hexagone. Tellement de plaisir qu'il a du mal à répondre à cette question, pourtant simple : « Quel est votre meilleur souvenir sur le Tour ? » « Il n'y en a pas et il y en a plein. L'ambiance, l'amitié autour des courses, notamment sur le Tour, c'est formidable. Tout le monde m'invite. »

La nuit, les gendarmes et du cognac

A bien y réfléchir, ce qu'il a rebaptisé, non sans humour, « le ravalement de façade des gendarmes » est au-dessus du lot. Ricardo, le regard plein de malice, raconte : « Ça s'est passé en 2003, au sommet du col de la Madeleine, côté Albertville. Avec Bichette (sa femme, Ndlr), on est arrivés en pleine nuit. En manoeuvrant, j'ai enlisé le camping-car. Quatre gendarmes, qui ne voulaient pas qu'on reste là, nous ont alors aidés à pousser. Leur uniforme bleu marine est devenu couleur café. J'ai bien cru que j'allais morfler, mais ils l'ont bien pris. Ma femme les a aidés à se nettoyer. Le café et le cognac ont fait le reste. » Pas si angélique que ça, finalement...

damner pour le Tour

Pierre-Louis Pagès
Var-Matin
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