RCT - Métro Racing au Vélodrome ? L'idée duprésidentde la SASP Mourad Boudjellal a fait réagir les supporters qui, par notre forumsur le sitetoulon.maville.com, sur notre mail ou bien par courrier, se sont exprimés ennombre,prouvant par là même, leur attachement au club et à son stade, mythique, Mayol. Aucoursd'une journée « marathon » marquée par plusieurs rencontres « médias », MouradBoudjellal arépondu, sans détours, aux inquiétudes des supporters.
Comment est née l'idée de jouer à Marseille ?
Je l'avais en tête depuis un petit moment, elle a pris forme alors que j'assistais à Marseille, à la rencontre All Blacks-Italie, pendant la Coupe du monde. Devant l'engouement que pouvait susciter le rugby à Marseille, j'ai simplement imaginé le RCT à la place des Blacks. Elle s'est ensuite imposée devant la problématique à laquelle nous sommes confrontés au quotidien : la billetterie, car Mayol est limité en places. Nous n'avons aujourd'hui pas beaucoup de solution pour attirer les supporters et le public. Le stade Vélodrome en est une, en sachant qu'il est moins loin pour les Toulonnais que le Stade de France pour beaucoup de Parisiens (...).
Les supporters sont partagés : totalement contre ou alors sous certaines conditions?
J'ai toujours dit que ce ne serait que pour quelques matches. Je respecte trop le stade Mayol pour envisager davantage. Mais il s'agit de donner une identité et une dimension régionale au club.
Aller jouer au Vélodrome, ça veut dire toucher des acteurs économiques des Bouches-du-Rhône qui, aujourd'hui souhaitent investir dans le rugby. S'ils ne le font pas chez nous, ils le feront ailleurs. (...) Et pour moi, c'est plutôt une fierté que de m'affirmer Toulonnais à Marseille, ou même à Nice (...) De plus, il ne s'agit pas de jouer au Vélodrome pour faire 20 000 places. Il s'agit de remplir le stade avec des prix très attractifs, et une organisation sur laquelle nous avons commencé à réfléchir, notamment au niveau du transport des Toulonnais.
Justement, le transport est l'une des réserves émises par les supporters? Que répondez-vous ?
Je pense que nous ferons appel à la Région, et à son réseau de TER, tout comme nous ferons appel aux réseaux autoroutiers. Il y aura toute une logistique à mettre en place au niveau des abonnés pour qu'ils conservent l'avantage de leur placement, la même chose pour les loges?
L'idée semble déjà bien avancée ?
On espère une rencontre au Vélodrome cette saison (lire par ailleurs). Si tout le monde est d'accord et si les résultats sportifs sont là. Sous trois conditions : que ce soit un match de haut de tableau ; qu'il ne soit pas un match pour la montée, cette rencontre-là est inenvisageable sauf à Mayol ! Enfin si tout le monde est d'accord. Je ne l'imposerai pas. Je suis aujourd'hui propriétaire juridique du club, je n'en suis pas le propriétaire moral, le club appartient aux Toulonnais.
Vous évoquiez la tarification. Peut-on attendre la même politique que celle pratiquée par Max Guazzini : la place à 5 euros ?
On pourrait pratiquer des prix entre 5 et 10 euros. Et si on remplit le stade, cela ramènerait beaucoup d'argent au club : l'équivalent en recettes d'une demi-saison à Mayol. Bien entendu, il y aurait des places un peu plus chères? Certaines pourraient être à 20 euros.
Pour quel investissement de la part du club ?
Sur les commissions qui nous sont proposées aujourd'hui, cela représente un investissement très raisonnable, qui nous garantit en tout cas de gagner de l'argent. J'ai mené une négociation économique dans les intérêts du club, je ne voulais pas prendre de risque. Si demain nous arrivions à jouer deux, trois matches au Vélodrome en étant dans le Top 14, cela permettrait quasiment d'augmenter le budget du club de 10 %. Et ce, sans faire appel aux soutiens publics. Plus les recettes indirectes, c'est-à-dire les partenaires économiques qui pourraient commencer à s'intéresser au Rugby club toulonnais parce qu'il y aurait une nouvelle identité marseillaise et régionale. Il y aurait un second travail à mener du côté de la région niçoise où le bassin économique est, là aussi, très fort.
Cela risque d'être plus mal vécu encore que Marseille.
On n'ira pas jouer au stade du Rey, mais il y a des choses à faire. Nous devons réfléchir pour imposer notre image là-bas. Et il y a beaucoup de Niçois qui viennent au stade.
En conclusion, quel message voulez-vous transmettre aux supporters ?
Le débat sur le Vélodrome arrive un peu tôt dans la saison, l'objectif est d'abord sportif. Qu'on ne s'inquiète pas, on ne l'imposera pas du jour au lendemain. Vers le mois de mars, si on est bien dans le championnat, on organisera une sorte de référendum à l'entrée du stade, à l'attention des abonnés. Avec une question bien précise. On se fera aider par les associations de supporters pour garantir l'intégrité du vote. Si on a les faveurs du classement, et si la réponse est oui, nous irons au Vélodrome. Si c'est non, nous n'irons pas.