Huit points d'avance sur son premier poursuivant etonze sur Aurillac, surprenant troisième, le bilan comptable est très favorable au RugbyClub Toulonnais.
Mais on peut considérer qu'il a mangé son pain blanc, même s'il eut beaucoup de peine à digérer le quignon agenais. Il aborde aujourd'hui une partie beaucoup plus escarpée du chemin qui devrait le conduire vers le Top 14. Tout va aller très vite et il faudra aller très loin dans la performance pour surmonter le mois et demi à venir. Après ses quatre déplacements en cinq journées délicates et décisives, le RCT en saura beaucoup plus sur les opportunités et sur lui-même.
Et pour ne rien laisser traîner, de doutes et d'inconfort, il ne serait pas inutile qu'il renoue aujourd'hui avec l'idée que l'on se fait tous de lui.
En rugby, cela nous gêne de le seriner, les vertus de combats, d'altruisme et dépassement de soi sont essentielles. À l'extérieur elles deviennent vitales. Et l'on ne peut sans cesse se réfugier derrière l'idée que les équipes recevantes sont plus motivées quand elles reçoivent Toulon. C'est sans doute vrai, mais c'est aussi la moindre des choses !
L'important est de savoir comment mettre au service du jeu et de la performance, l'incroyable armada proposée par Tana Umaga et les siens.
Remettre de l'ordre
A l'évidence, ils auront choisi de réduire, dans la tempête hivernale, la voilure de leurs ambitions de jeu. Porter les ballons sur un périmètre restreint, occuper le camp adverse en pressant les Aurillacois, ce n'est pas forcément l'idéal de la star académie de Mourad Boudjellal. Mais, si elle est de taille à imposer cette guerre de tranchée et à l'emporter ainsi, elle devancera sûrement de quelques semaines les réponses que l'on attend d'elle.
Le Stade Aurillacois joue avec ses armes. Elles sont respectables, surtout lorsqu'elles empruntent au courage et à l'amour de ses montagnes. Encore qu'il nous semble que les Staniforth, Joubert, Lasagavibau, Burger, Fono, Gainer, Botha, etc, n'aient pas tous été élevés aux pis des vaches de Salers ! Mais elles nous paraissent bien poussives ses armes. Le pied de Beer -encore un qui n'est pas sorti d'un cratère cantalou !- une mêlée de caractère et un c?ur gros comme ça... Voilà qui ne devrait que moyennement impressionner l'artilleur Mehrtens et les Champions du monde Gregan et Matfield. Où alors c'est à n'y rien comprendre.
Certes, on nous suggère que la réincarnation du show-biz parisien, la semaine prochaine à Colombes, constituerait une cible plus nette, c'est-à-dire plus proche des aspirations toulonnaises. Après tout, qui sait ? Mais au non du vieux principe : « Qui peut le plus, peut le moins », on se dit que le RCT devrait commencer par remettre de l'ordre dans une hiérarchie déstabilisée en venant à bout d'un promu de Fédérale 1.